• Percevoir...
  • To perceive...
  • Die Dinge...

... comprendre les choses au fur et à mesure du travail et les "mettre" dans la toile, sans qu' il soit toujours nécessaire de les "dire".

Musées, expositions, nature, livres, voyages... et le retour à l'atelier pour travailler avec un nouveau regard.

Revenir sur les sujets d'une manière différente, choisir une technique et en garder la spécificité tout en restant "soi".

Salir, coller, dominer les blancs, les chercher comme une couleur... l'importance du dessin même dans une peinture dite abstraite...

Parfois les "choses" viennent assez rapidement, parfois elles sont longues à trouver. Chercher, peiner, douter, s'étonner... et le sentiment de n'avoir rien fait encore...

Judith Farro, mai 1997

... and understand things as you work and "put" them on canvas without always having to "say" them.

The exhibitions, the museums, nature, books, travels and the return to the studio with a new vision of things.

Coming back to subjects in a different way, choosing a technique keeping its specificity, while remaining oneself.

To dirty, to stick, to dominate the whites, to seek them as if they were a colour... The importance of the drawing even in a painting which is said to be abstract...

Sometimes things come quickly, sometimes it takes more time to find them. To seek, to work hard, to doubt, to wonder... and having the feeling I haven't done anything yet...

Judith Farro, may 1997

... während der Arbeit nach und nach wahrnehmen, begreifen und auf die Leinwand bringen, ohne dass es immer notwendig wäre, sie auch erklären zu müssen.

Museen, Ausstellungen, Natur, Bücher, Reisen... - und zurück ins Atelier um sich mit einem neuen Blick ans Werk zu machen.

Sich mit den Gegenständen auf eine andere Art und Weise auseinandersetzen, eine Technik auswählen, deren Eigenheit bewahren und dabei ganz "bei sich" bleiben.

Sudeln, kleben, mit mehrerlei Weiß umgehen, es jeweils aussuchen wie eine Farbe... - die Wichtigkeit des Zeichnens auch bei einer als abstrakt geltenden Malerei...

Manchmal kommen die "Dinge" ziemlich schnell auf einen zu, manchmal dauert es länger, bis man zu ihnen findet. Suchen, sich mühen, zweifeln, sich wundern... - und das Gefühl haben, dass noch nichts getan ist.

Judith Farro, im Mai 1997

Judith Farro

Hidden.

La découverte de la peinture de Judith Farro? Une émotion qui naît de la force, du sentiment de plénitude qui s'en dégage, de l'équilibre de chacune de ses compositions où rien ne semble pouvoir être retranché ou ajouté.
Elle aime jouer avec les lignes, les formes et les formats et chacun de ses tableaux est une véritable alchimie de couleurs. Elle les aime fortes, séduisantes, tout en évitant le piège de la peinture décorative. La manière dont elle traite les blancs sont révélateurs : si dans un premier temps, elles les nie, comme pour conjurer le vide et les blancs de la toile vierge, jusqu'à les faire disparaître, c'est pour mieux aller les chercher ensuite et les faire vivre. Ses blancs sont alors tout sauf des blancs par un jeu de superpositions et de transparences très caractéristique de sa démarche.

Faut-il pour autant parler d'abstraction lyrique? Le terme serait sans doute réducteur car le concept ne prime jamais chez Judith Farro sur le geste et la matière. Elle a, en effet, un sens inné de la matière si présente, si vivante que l'on a envie, comme elle-même aime le faire, d'effleurer d'une caresse de la main la toile peinte.On comprend alors mieux son goût pour des techniques, des textures et des supports variés : elle alterne huile, acrylique, tarlatane et toutes sortes de papiers, parfois de sa fabrication.
De là, la place que tiennent dans son travail les collages qui lui permettent de composer avec les contrastes de formes et les grands aplats de couleurs. Une lutte constante avec la matière où elle prend un évident plaisir : une manière aussi de réintroduire la mémoire, la trace, le vécu, c'est-à-dire le temps. La partition musicale joue ici tout son rôle, le visuel rejoint le sonore : l'oeil écoute. Une façon aussi pour elle d'intégrer dans son oeuvre la musique qui rythme son quotidien. D'autres thèmes émergent, l'oiseau, le monde végétal, la tasse à café, le couple, les sujets bibliques, voire en 1996 la Pieta...
Ils n'apparaissent, cependant, que ponctuellement, presque furtivement et pour marquer une nouvelle étape dans cet incessant va et vient entre la nature, le regard singulier qu'y pose le peintre et son monde intérieur. Ce n'est pas qu'un point de départ. Une fois la transition assurée, le thème s'efface comme absorbé par la matière. Pourtant, à y regarder de plus près, la forme, même invisible, reste présente dans ses tableaux, parfois réduite à une simple et vague forme géométrique. Autour d'elle, l'oeuvre s'organise.
La permanence du thème du couple offre un tout autre intérêt en mettant en évidence la pureté du dessin de Judith Farro, sa maîtrise totale, la beauté même du geste qui s'inscrit dans l'espace.
Un simple trait et tout est dit, suggéré plus qu'appuyé. Le temps semble alors comme suspendu.
Tout tend, il est vrai, chez elle à une simplification des lignes, à un dépouillement, parfois guère éloigné du monde Zen, comme pour mieux cerner l'ineffable

Authenticité, rigueur, sensualité, fantaisie même fusionnent dans ses oeuvres pour notre plus grand bonheur pour créer une véritable symphonie lyrique magnifiée par le geste pictural.
Une double lumière, intérieure et extérieure, les traverse comme un vitrail, leur insufflant une vie d'une richesse inouïe.
Ainsi Judith Farro nous invite-t-elle à entrer dans son univers, à greffer notre imaginaire sur le sien. Un rare exemple de peinture pure. Bien difficile d'y rester insensible.

Marie-Claire Mussat, Rennes 1998

The effect of seeing Judith Farro's painting for the first time her canvases emanate a force, a feeling of fullness, complete compositions from wich nothing could; be removed or added.
She loves to play with lines, shapes, and size, each piece being a veritable alchemy of colors. She likes her colors strong and seductive but avoids the trap of decorative painting. The manner in which she treats whites alone is revealing : initially she denies the white, covers it completely as if to avert the emptiness of the blank canvas and later goes searching for the white, making it come alive. Playing with layers and transparencies, so typical of her approach, renders her whites everything but white.

Are we really talking about lyrical abstraction? The term would seem simplistic because with Judith Farro a stylistic concept never dominates the gesture and the raw materials. She has, in effect, an innate sense of the substance of painting so immediate, so alive that she makes us want to caress the surface of the canvas, as she has done, with a flourish of the hand. We begin to understand her taste of varied techniques, textures, surfaces : she alternates oil, acrylic, fabric, and all sorts of papers, some of her own making.
Collage is an important element allowing her to compose with contrasting forms and flat areas. She clearly enjoys wrestling with her materials and has a way of bringing back repeated memories, marks, and experiences, that is time.
Musical scores play a role, the visual joining the auditory: the eye listens. Thus she integrates into her work the music which gives rythm to her daily life.
Other themes, the bird, plants, the coffee cup, the couple, biblical subjects (1996 Pieta), emmerge punctually, almost furtive and usually mark a new stage in that incessant coming and going between nature, the singular regard of the painter, and her interior world. All this is only a point of departure.
Once the transition is established, the theme erases itself, as though absorbed into the paint. Yet, on closer look, the form, even invisible, is still present in her paintings, sometimes reduced to a simple and vague geometric shape. The work organises itself around it. The recurring theème of the couple offers a whole other interest, revealing the purity of Judith Farro's drawing, her total mastery, the beauty even, of the gesture which inscribes itself in space. A simple mark says it all, suggesting rather than delineating. Time thus seems suspended.

Everything tends, with Judith, toward a simplification of lines, a stripping away, often not far from the world of Zen, to better define the inexpressible.
Authenticity, rigor, sensuality, even fantasy fuse in her works to create a veritable lyric symphony magnified by pictorial gesture. A double light, interior and exterior, shines through them as through a stained glass filling them with a life of extraordinary richness.
Thus, Judith Farro invites us to enter into her universe, to graft our imaginary world onto hers.
A rare example of pure painting, to which it is difficult to remain indifferent.

Marie-Claire Mussat, Rennes 1998

Schock ist nicht das falsche Wort, um meinen ersten Eindruck beim Betrachten von Judith Farro's Bildern zu beschreiben. Ihre Arbeiten strahlen eine Stärke aus, ein Gefühl von Fülle und perfekter Komposition, bei denen nichts hinzugefügt und nichts weggelassen werden kann.
Sie mag es, mit Linien, Konturen und Formaten zu spielen, jedes Werk ist eine wahre Alchemie von Farben. Sie setzt ihre Farben kräftig und verführerisch, aber nie dekorativ. Allein die Art und Weise, wie sie mit der Farbe - weiß - umgeht, ist aufschlussreich : erst verweigert sie sich ihr, deckt sie vollständig ab, als ob sie sich von der leeren Leinwand abwenden möchte, aber später begibt sie sich wieder auf die Suche, macht das Weiß lebendig. Doch durch ihre typischen Überlagerungen und Transparenzen erscheint ihr Weiß alles andere als weiß.

Sprechen wir hier über etwas lyrisch Abstraktes?
Diese Formulierung wäre zu einfach, denn bei Judith Farro dominiert niemals das stilistische Konzept die Geste und das Material. Tatsächlich hat sie die Gabe, die Substanz eines Gemäldes so rasch und lebendig zu vermitteln, dass wir geneigt sind, die Fläche des Bildes mit dem gleichen Schwung der Hand zu streicheln wie sie es getan hat. Wir beginnen den Sinn ihrer Techniken, Strukturen und Oberflächen zu verstehen: sie verwendet Öl oder Acryl, Tuch, alle Sorten von Papier, teilweise selbst hergestellt.
Die Collage ist ein wichtiges Element, das ihr die Komposition von erhabenen Formen und ebenen Bereichen ermöglicht. Ihr macht es sichtlich Spaß, mit ihren Materialien zu ringen; dies bringt ihr Erinnerungen und Erfahrungen zurück und somit Zeit. Notenblätter spielen dabei eine Rolle, das Visuelle begegnet dem Auditorium : das Auge hört zu!
Die Integration der Musik in ihre Arbeit gibt ihr den Rhythmus für ihr tägliches Leben. Andere Themen wie der Vogel, Pflanzen, die Kaffeetasse, das Paar oder biblische Darstellungen (Piéta,1996) kommen vereinzelt und verstohlen zum Vorschein und markieren zugleich ein neues Stadium in diesem unaufhörlichen Kommen und Gehen der Natur, eine persönliche Betrachtung der Malerin und ihrer eigenen Welt.
All dies ist nur eine Frage des Verlassens : ist der Übergang einmal geschafft, löst sich das Thema auf, wie verschluckt in dem Gemälde. Und nun, bei genauerem Hinsehen, ist die Form - wenn auch unsichtbar - immer noch präsent, manchmal reduziert auf eine einfache und leicht geometrische Kontur. Die Arbeit selbst richtet sich drumherum ein.

Das immer wiederkehrende Thema von einem Paar zeigt einen ganz anderen Aspekt, offenbart die Reinheit in Judith's Zeichnung, ihre absolute Meisterhaftigkeit, ja Schönheit in der Darstellung von Gebärden, die sich selbst räumlich einprägt. Ein einfacher Strich sagt alles, eher angedeutet als gezeichnet.
Die Zeit scheint aufgehoben. Bei Judith tendiert alles zur Vereinfachung der Linien, zu einem Abstreifen, um das Unaussprechliche zu erklären, fast wie im Sinne von Zen.
Authentizität, Strenge, Sinnlichkeit ja Phantasie vermischt sich in ihren Arbeiten und schafft eine wahrhaftig lyrische Symphonie, verschönert durch die malerische Geste. Ein doppeltes Licht, innen und außen, durchdringt sie wie ein buntes Glas und füllt sie mit Leben von außergewöhnIichem Reichtum.
So lädt Judith Farro ein, ihr Universum zu betreten, um unsere Vorstellungswelt in ihre zu verpflanzen.
Ein Beispiel von purer Malerei, bei der es schwierig ist, unbehelligt zu bleiben.

Marie-Claire Mussat, Rennes 1998